YVAN REILHAC : « J’aime beaucoup le jeu de Wesley Fofana »

A bientôt 25 ans , le centre Franco Ivoirien du MHR Yvan Reilhac connaît une belle ascension qui l’a menée aux portes de l’équipe de France . Auteur de prestations abouties avec son club (une centaine de matches pros depuis ses débuts en 2016) , il a été convoqué dans le groupe France par Fabien Galthié pour préparer le dernier Tournoi des VI nations . S’il aspire naturellement à une première cape avec les Bleus, il n’en oublie pas ses racines et s’intéresse de près au développement du rugby Ivoirien , via le projet Côte d’Ivoire Rugby. Un joueur à suivre de près…

Bonjour Yvan , tout d’abord comment vas tu après cette période délicate de confinement ? Comment as tu vécu cette période d’inactivité ?

Ça va, je vais bien, je peux m’estimer chanceux car ni ma famille ni moi-même n’ont eu de problèmes de santé. J’étais confiné en famille dans le sud de la France , avec un bout de jardin, je me suis entretenu physiquement. Les coaches de Montpellier nous ont responsabilisés, j’ai fait du cross fit et un peu de course , tout en respectant les mesures gouvernementales .
Le club a programmé une reprise le 2 juin par des tests médicaux avant de démarrer une première phase de reprise par petits groupes de 5/6 joueurs . Il s’agira de préparation physique individuelle, de remettre la machine en route pour éviter tout problème musculaire ou tendineux lors de la « vraie » prepa prévue début juillet .

Le TOP 14 a pris fin prématurément en mars. Quel bilan tires tu de cette saison avec le Montpellier Hérault Rugby page officielle ?

C’est une saison moyenne , en dents de scie… On est 8ème au moment de l’arrêt du championnat , on peut pas parler de saison réussie car notre objectif était d’aller en phases finales . Un nouveau coach est arrivé en début d’année, on a mis de nouvelles choses en place , ça prend du temps donc on va dire qu’on a limité la casse. Mais on espère faire mieux la saison prochaine .

Sur un plan plus personnel , tu as intégré le groupe France à l’occasion du tournoi des VI nations. Comment as tu vécu cette période et comment s’est passée ton intégration ?

Un peu surpris au départ car je n’étais pas dans la présélection. Mais bien sur très content et très fier d’avoir vécu cette belle expérience. Après l’avoir vécu on a qu’une envie c’est d’y retourner , de continuer à travailler pour revivre ces moments. En plus les résultats étaient bons, l’ambiance très bonne , je vais bosser dur pour atteindre cette première sélection !

Justement, en parlant d’ambiance, peux tu nous parler de la vie en Equipe de France . Et de cette fameuse grosse intensité demandée par les coachs à l’entraînement ?

On est à peu près tous de la même génération, je pense que ce rajeunissement était une volonté des coachs . Du coup , on a les mêmes codes , les mêmes « délires  » , on se comprend, l’environnement est sain. Ça rigole bien mais une fois sur le terrain ça devient très sérieux, ça bosse dur.
Effectivement on nous demande une grosse intensité, en termes de vitesse de course , de répétitions… Tout se fait à 100%. Seuls les contacts sont à 60% , sauf une séance dans la semaine où ils sont à 100%. On accumule de la bonne fatigue et le soir on a pas de mal à trouver le sommeil .

Quels ont été tes modèles, tes inspirations ?

J’aime beaucoup le jeu de Wesley Fofana , très technique , tout en évitement. C’est une source d’inspiration et j’aimerais lui ressembler rugbystiquement .

Qui incarne selon toi le prototype du 3/4 centre moderne ?

Je dirais l’anglais Manu Tuilagi. Il est complet : costaud , puissant, rapide, technique. Et l’association qu’il forme en equipe d’Angleterre avec Owen Farrell, qui a une formation de 10, est un modèle. C’est une paire de centres modernes, très complémentaires.

Quels sont tes liens avec la Côte d’Ivoire et le rugby Ivoirien ?

Ma mère est Ivoirienne , et mon père est Français, il est fan de l’Afrique , il y a beaucoup voyagé notamment en Côte d’Ivoire.
Ce sont mes racines et j’ai été éduqué avec cette culture Africaine et Ivoirienne , de par ma mère notamment . Mon père a gardé contact avec des amis avec qui il jouait en Côte d’Ivoire, c’est un lien fort.
Je suis aussi connecté sur la page Côte d’Ivoire Rugby sur les reseaux, cela me permet de suivre l’évolution du rugby Ivoirien et les différents matches auxquels la sélection participe.

Quel message souhaites tu adresser aux amoureux de la balle ovale en Côte d’Ivoire ?

J’ai pu échanger avec Olivier Diomandé qui a un très bon projet pour développer le rugby Ivoirien. Il y a un fort potentiel. À l’image de ce que réalise le Kenya notamment à 7, qui rivalise avec les meilleures nations mondiales . J’ai hâte d’aider ce projet car il y a vraiment un gros truc à faire