Pierre Henri Azagoh :  » Gagner un titre avec le Stade Français ! »

Le Franco-Ivoirien Pierre Henri Azagoh vient de prolonger de deux ans son bail avec le Stade Français. L’occasion de découvrir ce seconde ligne très prometteur, champion du monde U20 avec la France en 2018 et qui rêve de soulever un trophée avec le club Parisien.

Bonjour Pierre Henri.  Peux tu nous présenter ton parcours rugbystique ?

Je cherchais un sport pour me défouler, c’est comme ça que j’ai commencé le rugby en 2007 au RMCS 77 (Combles la Ville ),   juste après la Coupe du Monde en France . J’y suis resté 6 ans , avant de partir à Massy en Cadets Gauderman. Ils m’avaient repéré lors d’un tournoi mais surtout, avec les études,  il me fallait un club qui s’entraîne le vendredi ! J’ai vécu 6 superbes années à Massy avec qui j’ai connu mes premières sélections avec les équipes de France jeunes : U17 , U18 où on est champions Europe au Portugal. J’intègre le Pôle France en U19 et on gagne le tournoi des VI nations puis la Coupe du Monde en 2018 .
Je quitte Massy sur une descente , un crève-cœur , pour rallier le Stade Français lors de la saison 2019-2020.

Quel est ton lien avec la Côte d’Ivoire ?

Mon père est Ivoirien , il est né en Côte d’Ivoire. J’y suis allé une fois très jeune, je n’ai que de vagues souvenirs mais heureusement  je peux garder contact avec ma famille grâce aux  réseaux sociaux. Ça me tient à cœur de découvrir la Côte d’Ivoire, mes origines . Je veux aider , faire quelque chose qui me permettrait de renouer avec mes racines . J’ai hâte aussi de découvrir le rugby Ivoirien .

  Ton plus beau souvenir ?

Difficile de trancher…Le maintien avec Massy en Pro D2 lors de ma 1ère année en pro. J’avais 19 ans , je jouais avec des mecs que je badais, pour qui j’avais un immense respect . Même si je n’ai fait que 8 matches , juste être là et participer à ce maintien c’était énorme.
Et aussi forcément le titre de champion du monde U20.  C’est quelque chose de fort pour un début de carrière.  J’ai gardé un cercle d’amis très proches de cette génération 1998 comme Iban Etcheverry, Arthur Coville ou encore le talonneur du Racing  Teddy Baubigny , même s’il n’a pas pu participer à la compétition, étant blessé.

Quelles sont les principales qualités requises pour un 2ème ligne moderne ? Et quel est selon toi le meilleur joueur du monde à ce poste ?

Le poste de 2ème ligne a beaucoup évolué depuis 5/10 ans . On se rapproche du boulot que faisait un 3ème ligne avant : ça plaque , ça court, ça conteste … Le poste demande beaucoup de qualités physiques et athlétiques pour répéter les tâches à haute intensité, mais aussi des qualités techniques car on touche plus de ballons. Sans parler de la touche , secteur primordial dans le rugby moderne .
Je m’inspire notamment de Maro Itoje . C’est pas le plus costaud ( même s’il est gaillard !) mais il a des capacités de déplacement et de répétition des tâches qui en font une référence mondiale à ce poste .

« Massy ? Un club à part « 

Quelles sont tes qualités et tes principaux points à améliorer ?

Je suis assez athlétique, endurant et j’arrive à me déplacer et à être présent défensivement.
Je travaille beaucoup pour m’améliorer techniquement .

Tu es très attaché au club de Massy, comme beaucoup de joueurs formés là-bas à l’instar de  Bakary Meïté, capitaine de la sélection Ivoirienne . Quel est le secret de ce club ?

C’est un club à part . Tout le monde est marqué en passant par Massy . C’est difficile à expliquer mais c’est très famille , les gens sont bienveillants , on est accueilli à bras ouverts…Tout le monde est considéré dans ce club.  C’est un peu le village gaulois au milieu des grosses structures que sont le Stade Français et le Racing . On y fait énormément de choses avec pas grand chose . Je me suis retrouvé dans ces valeurs et m’y suis très bien senti . Je suis fier et très content d’y avoir évolué.

Comment qualifierais tu la saison du Stade Français ?

Pleine de rebondissements !  On est encore en course pour les barrages malgré toutes les difficultés.
La saison dernière ne va pas à son terme à  cause du Covid , et nous sommes relégables à ce moment là.  On en prend la gueule…Alors qu’il restait des matches à jouer, avec un calendrier plutôt favorable, je suis persuadé qu’on serait remontés au classement . Le début de cette saison est compliqué aussi , on perd des joueurs , on a des difficultés…
Mais au final on est une belle bande de copains , on enchaîne les victoires, on prend du plaisir, on fait abstraction de ce qui peut se dire . C’est une saison riche en émotions qu’on aimerait rallonger en participant aux phases finales.  Un très gros match nous attend à Bayonne et on va tout faire pour prolonger l’aventure.  Il le faut pour des historiques comme Jonathan Danty qui va quitter le club à la fin de l’année. 

Tu t’es engagé 2 ans au Stade Français. Comment te sens tu dans ce club et comment envisages tu l’avenir ?

Au début c’était compliqué , comme pour tout joueur qui a peu de temps de jeu. Même au début de cette saison . Mais jai été patient , je n’ai rien lâché et j’ai continué à bosser.  Je devais m’améliorer pour avoir la confiance des coaches . Aujourd’hui je ressens cette confiance . Ça fait plaisir de se sentir considéré même si la concurrence est rude et qu’il faut se battre chaque semaine pour figurer dans le groupe .

Tu poursuis tes études.  C’est indispensable selon toi de mener ce double projet ?

Je  suis en 4ème année d’ostéopathie.  Oui c’est très important et ça rejoint l’identité du club qui est de former des hommes et des joueurs . C’était la volonté de Thomas Lombard quand il est arrivé , et qui a instauré une politique de club qui permette d’allier les deux : avoir du temps pour les études tout en profitant du rugby de haut niveau . Je m’y retrouve totalement .

Enfin que peut on te souhaiter de meilleur ?

Gagner un titre avec le Stade Français ! Je ne sais pas quand ni lequel mais ce serait énorme.