« Conseils de grande soeur » de Kely Togba (Bobigny, Stade Français)

D’origine Ivoirienne , Kely Togba a joué durant des années au sein de l’élite féminine à AC Bobigny 93 Rugby ou au Stade Français Paris Féminin – Pink Rockets. Sa coéquipière et ex internationale Française Assa Koita la décrit comme une  » joueuse et une coéquipière exceptionnelle ! Très puissante et forte techniquement, polyvalente. Comme on dit chez nous elle pue le rugby. C’est une sacrée joueuse, elle aurait pu largement jouer avec les bleues. Ce fut un plaisir de jouer avec une joueuse aussi forte et impressionnante  » Rencontre avec Kely , qui a accepté de répondre à nos questions et de glisser quelques conseils bienveillants aux rugbywomen Ivoiriennes

Bonjour Kely peux tu te présenter et nous détailler ton parcours rugbystique ?

Bonjour, je m’appelle Kely Togba j’ai 28 ans. J’ai commencé le rugby à 11 ans au collège avant de jouer dans l’équipe de Seine St Denis. Au niveau seniors j’ai joué 3 ans en fédérale puis 6 ans en Elite ( Top 16 , Top 10, Top 8) avec Les Louves de Bobigny , Toulouse St Orens et le Stade Français . Mon premier poste a été 3ème ligne avant d’être polyvalente sur les postes de 1ère et 2nde ligne . J’ai actuellement mis ma carrière sportive en stand by pour me consacrer à de nouveaux projets.

Comment es tu venue au rugby ?

Un peu par obligation ( rires) ! Un prof de sport du collège pratiquait le rugby et avait monté une équipe filles. Il manquait une fille pour participer à une compétition et comme j’étais collée, il m’a proposé de remplacer mon heure de colle contre la participation à la compétition ! J’étais déjà sportive, je faisais du basket , du foot…donc faire du rugby était assez logique même si c’était un peu compliqué au début avec mes parents . Surtout ma maman et son côté protectrice qui s’inquiétait de me voir pratiquer un sport un peu brutal . Mais ma volonté a fini par l’emporter, la preuve j’y suis resté pendant plus de 10 ans !

Qu’est-ce ce qui t’a de suite plus dans ce sport ?

Je dirais la maîtrise. Au premier abord , on croit qu’on peut faire un peu tout et n’importe quoi sur un terrain de rugby , mais en réalité il y a des règles, des choses que l’on doit faire ou ne pas faire pour éviter de se blesser ou de blesser son adversaire.Et l’esprit d’équipe aussi. Le rugby est un sport très chaleureux, convivial, avec un fort esprit de groupe. J’ai rencontré des filles au rugby qui sont devenues de vraies amies et avec qui je suis toujours en contact .

Est il difficile de concilier vie de femme et pratique du rugby ? Quelles sont les difficultés rencontrées ?

C’est compliqué surtout en étant jeunes . Car cela demande beaucoup d’organisation , chose que l’on a pas forcément quand on est jeunes . Avec 3 entrainements par semaine et un match le weekend, il faut être organisée pour trouver le temps pour ses devoirs et révisions. D’un point de vie social aussi , pas beaucoup de temps pour des sorties , voir ses copains/ copines … Faire un sport entre guillemets brutal et être une fille ,fait qu’on a pas trop droit à l’erreur. A la moindre faute , notamment au niveau des études, on peut se faire reprendre.

En quoi le rugby t’aide dans ta vie de tous les jours, dans ta construction personnelle en tant que femme ?

Le rugby m’a beaucoup apporté. Il m’a appris à être combative , à être persévérante, à être ambitieuse.

Ton meilleur souvenir dans le rugby ?

Ça remonte un peu mais je dirais en dernière année cadette, le championnat de France qui s’est déroulé à Toulouse. On avait fini 4e ou 5ème mais au-delà du résultat on avait réussi un super tournoi, passé un super moment . C’était vraiment un très bon weekend.

Est ce que tu suis le rugby Ivoirien et Africain en général ?

Je suis un peu le rugby Ivoirien masculin car j’ai des amis qui jouent en sélection nationale. Au niveau Africain , je suis informée via des amies qui évoluent en sélection Tunisienne et Sénégalaise.

Enfin, quels conseils donnerais tu à tes « petites sœurs Ivoiriennes » , qui partagent cette même passion du rugby ?

Je leur conseille de croire en elles , car tout commence par là. Et de persévérer car cela mène toujours à quelque chose.Si on se donne à fond et qu’on croit en ce que l’on fait , on arrivera toujours à quelque chose. Même si c’est pas l’objectif fixé au départ, on réussira quelque chose.

Merci Kely, ces précieux conseils serviront à la jeune génération d’Ivoiriennes passionnées de rugby !