« Conseils de grande soeur » avec Andréa Dirabou Kouassi

Andréa Dirabou Kouassi est une rugbywoman Ivoirienne qui évolue en Elite Féminine au LMRCV Villeneuve d’Ascq au poste de pilier droit. Très motivée à l’idée de s’investir auprès du rugby Ivoirien et notamment féminin, elle encourage ses petites soeurs à être ambitieuses, audacieuses et rêveuses !

Bonjour Andréa, peux-tu te présenter et nous détailler ton parcours rugbystique ?

Je m’appelle Andréa Dirabou Kouassi, je joue au rugby depuis 2010 au LMRCV (Lille Métropole Rugby Club Villeneuvois). Club dans lequel j’ai eu la chance d’évoluer en Elite 2 puis en Elite 1 (Top 8 et Top 16). J’ai été championne de France en Elite 2 puis vice-championne de France en Elite 1.

Comment es-tu venue au rugby ?

Avant de jouer au rugby j’ai fait de la lutte en haut niveau. Une fois à l’université je devais choisir une activité sportive. J’avais le choix entre le rugby et le judo. Le judo étant trop proche de la lutte j’ai décidé de me challenger en me tournant vers le rugby.

Après un tournoi universitaire, Yanna Rivoalen (demi de mêlée) de l’équipe de France et Daniel Dubus (entraîneur à l’époque) m’ont approché. C’est comme ça qu’a débuté l’aventure avec le LMRCV.

« C’est le collectif qui me fait vibrer « 

Qu’est-ce qui t’a tout de suite plu dans ce sport ?

En réalité j’ai mis quelque temps à m’adapter au rugby, je venais d’un univers individuel et plutôt différent. Mais aujourd’hui c’est le collectif qui me fait vibrer. Le fait de me dire que je ne suis jamais seule sur un terrain comme en dehors et que je peux puiser la force dans chaque regard, dans chaque sourire. Nous sommes une vraie famille et j’y ai trouvé ma place.

Est-il difficile de concilier vie de femme et pratique du rugby ? Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Je crois que c’est ce qui est le plus difficile. C’est un véritable engagement. Ce n’est pas un sport dans lequel on décide d’évoluer individuellement, car la progression passe par le fait de jouer ENSEMBLE. Donc il faut organiser toute sa vie en fonction du rugby. Ce n’est pas évident mais je m’en sors plutôt bien jusque-là (rire).

En quoi le rugby t’aide dans la vie de tous les jours, dans ta construction personnelle en tant que femme ?

Le rugby laisse une grande empreinte dans ma vie et dans ma personnalité, il réunit tellement de valeurs.

La confiance en moi parce qu’on prend conscience de ses capacités.

La confiance en l’autre : parce qu’on aura toujours un soutien sur chaque action, bonne ou mauvaise.

La tolérance : Nous sommes tous différents sur un terrain de par les gabarits, les capacités physiques, les personnalités etc…)  mais nous avançons vers un but commun, chacun avec ses atouts.

Le respect : le respect des autorités, de l’arbitre, de l’entraineur, des coéquipières, des bénévoles…


Le positif dans chaque situation : la vie ou un match ce n’est pas que une succession de succès. Même dans les défaites il y a du positif. On analyse ce qu’on a fait de bien pour le conserver, mais aussi ce qu’on a pas fait comme il fallait, afin de l’améliorer.

 » Etre une femme c’est tomber 100 fois et se relever 101 fois. Alors osez le rugby ! »

Ton meilleur souvenir dans le rugby ?

C’est super difficile de choisir un seul moment, je peux en dire plusieurs ? (rire)

Mon meilleur souvenir, c’est sans doute l’avant match, « les vestiaires ». Au LMRCV nous avons un rituel, c’est la remise de maillots. Avant chaque match, chaque joueuse peut choisir de remettre un maillot à une personne en lui adressant des mots d’encouragement. C’est un moment très intense qui nous donne l’énergie pour le combat. Je pense particulièrement à la remise de maillot du dernier match contre Lons, un match où on jouait notre place pour le haut ou le bas du tableau.

J’avais l’impression que dans ce vestiaire que nous étions qu’UNE seule et même personne et que RIEN ne nous arrêterait.

Est-ce que tu suis le rugby ivoirien et africain en général ?

J’ai suivi le rugby Africain et Ivoirien de loin mais depuis peu, je regarde tout. C’est super de voir tout ce qui se fait et je suis vraiment fière du travail effectué pour mettre en avant le rugby. J’en profite pour saluer et féliciter les personnes qui travaillent pour cela au quotidien.

La détermination dans le regard

Quels sont tes prochains défis, challenges à relever dans le rugby ?

La pandémie actuelle que nous traversons vient encore une fois nous rappeler la fragilité de la vie. Nul ne sait de quoi est fait demain alors il faut prendre du plaisir, profiter de chaque entrainement, de chaque match, de chaque moment sur le terrain et en dehors. Et pourquoi pas jouer sous le maillot ivoirien un de ces jours (rire).

A côté de ça, j’aimerais m’investir, et accompagner les différents acteurs du développement du rugby ivoirien, plus particulièrement du rugby féminin.

Enfin, quels conseils donnerais-tu à tes « petites sœurs ivoirienne », qui partagent cette même passion du rugby ?

J’ai envie de dire aux petites sœurs de ne pas laisser les barrières entraver leur chemin. Soyez  ambitieuses, audacieuses, rêveuses ! Ne laissez personne vous faire croire que vous n’êtes pas capable de faire certaines choses parce que vous êtes une femme.

Être une femme c’est tomber 100 fois et se relever 101 fois. Alors osez le rugby